Par : webmestre
Publié : 28 janvier 2016

TITRES DE TRANSPORTS : LES SENIORS PENALISES

Le 19 décembre 2015, le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) de la ville de PAU a décidé de ne plus participer au financement de la carte « 65 ans + » d’IDELIS pour les plus de 65 ans payant des impôts sur le revenu, soit 56€ sur les 111€ que coûte la carte, les 55€ complémentaires étant actuellement payés par le senior abonné. Une augmentation de + 101%...
Pourquoi matraquer uniformément les 1004 séniors assujettis à l’impôt, quel que soit son montant, 50€, 500€ ou 5000€ ? Une augmentation aussi importante et indigeste de la carte n’incitera pas à l’acquérir mais, au contraire, à la bouder : phénomène déjà constaté lors du passage de la gratuité à un tarif modulé. L’équilibre semblait trouvé avec les tarifs pratiqués jusqu’alors. Une revalorisation modérée de l’ensemble n’aurait pas été choquante ; mais là, la déraison l’emporte !
Comme justification, on invoque le mot, oh combien noble : solidarité. Oui, les aînés en sont capables ! Ils attendent un retour à leur générosité : le budget concocté par l’équipe municipale doit être lui aussi encore davantage solidaire en période de crise comme aujourd’hui.
 
Cette nouvelle disposition a fait l’objet d’un article de presse (Groupe Sud-Ouest), le 19 janvier 2016, soit 1 mois après la prise de décision par les élus du CCAS. Probablement pour ne pas ajouter à la morosité déjà bien présente chez les séniors en fin d’année 2015. Il est évident qu’un grignotage régulier du pouvoir d’achat des retraités est constaté (Pensions quasiment bloquées, Mutuelles en forte augmentation, Impôts toujours aussi lourds, et maintenant les cartes de bus plus chères…).
 
La D.U.T. défend tous les usagers des transports, notamment les plus vulnérables. Pour l’ensemble des retraités et personnes âgées de la ville de PAU, les déplacements représentent un aspect de leur vie très important. Quand, les facultés visuelles ou auditives, les reflexes et le sens de l’orientation faiblissent, le bus est une solution efficace pour se déplacer facilement et rester autonome le plus longtemps possible. La mobilité reste un souci majeur pour les séniors, qu’ils payent ou pas d’impôts !
Or un ajustement de tarification aussi brutal ne rend pas l’abonnement annuel incitatif, même si IDELIS, pressentant une fuite importante des abonnés, propose un rabais de 10% ! 
Il est à craindre le scénario suivant :
→ Forte baisse des abonnements « 65 ans + », recettes médiocres malgré une possible hausse des ventes des tickets à l’unité.
→ Déficit d’exploitation d’IDELIS en augmentation.
→ Pour retrouver l’équilibre financier, réduction de fréquences ou suppression de lignes. Réforme des cycles de travail des salariés, blocage des indemnités, malaise social…
Au moment où l’usage de la voiture individuelle flambe en raison de la baisse des carburants, les tarifs des transports augmentent, les usagers se font moins nombreux et risquent la diminution de l’offre… malgré un BHNS espéré comme le Messie ! Il est temps que les élus aient une vision globale et cohérente des déplacements pour tous. La vision parcellaire du CCAS sur le sujet est inadaptée.
 
Sans remettre en cause le principe d’une revalorisation de la carte pour les séniors imposables, une tarification progressive et appliquée selon les revenus serait plus judicieuse. Il n’est pas concevable qu’une personne disposant de 1300 € de revenus par mois paye sa carte au même tarif que ceux disposant d’un revenu de 2500 € ou 3000 € par mois.

De même, la hausse de 5 € pour les séniors non imposables et les demandeurs d’emploi constitue une augmentation de 33.33 %. Là encore, une hausse modérée serait moins brutale et plus acceptable. 


Sud Ouest
2 février 2016

La République des Pyrénées
30 janvier 2016