Par : webmestre
Publié : 17 juin 2014

Grèves en gare de Pau

Grèves SNCF : la grogne des usagers

 © La république 17 juin 2014 

Par Jean-Marc Faure

Publié à 06h00
Mise à jour : 08h08

 Les passagers en attente sont tous un peu désorientés, quelques-uns en colère, d'autres résignés par cette grève qui commence à durer.

Les passagers en attente sont tous un peu désorientés, quelques-uns en colère, d’autres résignés par cette grève qui commence à durer. (Marc Zirnheld)

 

 

Huit heures trente, hier matin à la gare de Pau. Le panneau d’affichage annonce les horaires de départ des quelques trains régionaux programmés en ce début de journée. En fait, ce sont surtout des bus qui acheminent, en ce jour de grève, les passagers vers Oloron, Tarbes, ou Toulouse. En revanche, rien à l’affichage pour Bordeaux et Paris. Le premier TGV de la journée pour la capitale est parti à 6h59. Le suivant est programmé à 17h.
La gare n’est pas déserte pour autant. Des voyageurs patientent au guichet "informations." D’autres tentent de démêler leurs problèmes avec les deux agents de la SCNF reconnaissables par leurs gilets rouges "SNCF Assistance". Parmi leurs missions, ils devaient remettre des autocollants permettent d’identifier les candidats au bac risquant des retards. "On n’en a vu aucun. Les autocollants sont restés dans ma poche", constate Véronique, présente en gare depuis 5h.
Les passagers en attente sont tous un peu désorientés, quelques-uns en colère, d’autres résignés par cette grève qui commence à durer.
Jessica, elle, est en pleurs. "J’ai fait 45 minutes de voiture depuis Mont-de-Marsan. J’ai mobilisé des amis pour rien". La jeune fille de 20 ans, attendue à Paris pour son travail le lendemain, espérait trouver un TER, au moins jusqu’à Bordeaux. "Jusqu’à hier, c’était prévu. Au dernier moment, il n’y a plus rien", soupire-t-elle.
Il y a encore Thomas, carrément perturbé, qui croyait pouvoir rejoindre Paris à temps pour un entretien à un master en alternance. "S’il veut y arriver pour 17h30, il va devoir aller en voiture à Bordeaux et attraper un train. Du coup, il ne pourra pas rentrer dans la journée et devra dormir sur place", déplore sa maman.
André, convoyeur de camions, est, lui, carrément en colère. Parti à 3h du matin de La Rochelle au volant d’un poids lourd, il devait rejoindre Bordeaux, en train depuis Pau, pour récupérer un autre véhicule à Bordeaux. Il est en rade à Pau, sans solution de secours. "C’est des fainéants, vivement 2017 qu’il y ait la concurrence. Ils prennent les usagers en otage", fulmine-t-il.
"C’est normal que les usagers soient dérangés. Une grève n’est jamais populaire. Mais c’est le seul moyen pour nous de déclencher des négociations avec notre direction", réagit Jean-François Mentaverry, secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Bayonne. Pour lui, c’est l’avenir du service public qui est en jeu : "l’usager est confronté toute l’année à la désorganisation du ferroviaire : trains sales, en retard, lignes défectueuses... Refuser la réforme telle qu’elle nous est proposée, c’est garantir aux usagers la sécurité de circulation et une qualité de services qu’ils attendent. C’est une autre réforme dont nous avons tous besoin, usagers comme cheminots".
La grève continue : pas de train aujourd’hui entre Bordeaux et Pau
Si l’on se fie au tableau de bord des prévisions de trafic publié hier en fin d’après-midi par la SNCF, il n’y aura pas de train aujourd’hui entre Pau et Bordeaux, ni dans l’autre sens entre Pau et Bordeaux. Avec beaucoup de patience, on pourra prendre ce soir à 17h le train Pau-Dax, puis à partir de la cité thermale poursuivre le voyage en direction de Bordeaux à 19h57 !
Ces derniers jours, entre la capitale régionale et la seconde ville d’Aquitaine, trois à quatre trains circulaient, alors qu’on en compte treize à quatorze habituellement. Serait-ce l’effet baccalauréat ? Toujours est-il que la SNCF a diagnostiqué hier un début d’amélioration. Les circulations qui permettraient aux candidats au baccalauréat de rejoindre les centres d’examen ont été particulièrement suivies. Il n’y a pas eu dans les Pyrénées-Atlantiques de candidat en retard selon les services de l’Éducation nationale. Pour aujourd’hui, la SNCF maintient sa recommandation de reporter si possible les déplacements. Pour les TGV, un train sur deux en moyenne circulera, pour les TER (trains et autocars) 71 % du trafic devrait être assuré en Aquitaine. Renseignements au 0 805 90 36 35 pour les TGV et au 0 800 872 872 pour les TER.
 
 
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© - SudOuest 17 juin
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