Par : webmestre
Publié : 9 mai 2013

Oloron-Bedous : la fin de l’enquête publique approche

© S-O : Publié le 07/05/2013 à 06h00 | Mise à jour : à 08h42 Par Jean Testemale

© Sud Ouest

 

La fin de l’enquête publique approche, mais celle-ci suscite toujours des réactions vives et passionnées

 

Débat spontané et tonique entre partisans et opposants à la réhabilitation de la ligne

Débat spontané et tonique entre partisans et opposants à la réhabilitation de la ligne (J. T.)

 

La commission d’enquête d’utilité publique de la réouverture de la voie ferrée Oloron-Bedous a tenu sa dernière permanence en mairie d’Oloron, lundi. Mais les partisans ou les opposants peuvent encore déposer leurs avis dans les 7 mairies (sur 10 concernées), aux heures d’ouverture. Ils s’ajouteraient aux quelques 140 avis déjà émis, dont une quarantaine l’ont été ce lundi : le Creloc et le Croc étaient présents, comme des représentants de la Fnaut et de la Dut (1). L’occasion de belles joutes verbales entre « pro » et « anti » réouverture sous les yeux des enquêteurs, et de mettre en lumière quelques éléments du dossier peu connus du grand public.

100 millions d’euros

Un des arguments avancés par le Croc est celui de l’inutilité du projet, qu’ils soulignent en faisant le parallèle avec la ligne de bus actuelle, qui ne transporte selon eux « qu’un ou deux passagers par trajet » (2). Pas de quoi investir plus de 100 millions d’argent public pour si peu, même si le trafic augmentait par la suite. « 10 fois 0 passager, ça fait toujours 0 », ironise un membre du bureau. Et un entrepreneur, riverain de la ligne, leur donne encore du grain à moudre.

Frédéric Cachelou, patron des viviers de Sarrance assure qu’il n’avait « pas d’avis avant de consulter le dossier de RFF pendant des heures », et avant d’y découvrir le déficit d’exploitation prévu de cette ligne, 16,8 millions d’euros/an (chiffres de 2010) « comblés par la Région ».

L’entrepreneur aspois, surtout « sensible au départ à toute éventuelle pollution de l’eau », voit depuis ce projet comme « une aberration totale. Avec tout cet argent, on peut faire beaucoup d’autres choses qui développeraient vraiment la vallée ».

C’est une affaire de point de vue. Eux parlent de « gabegie », les partisans du projet parlent plutôt « d’investissement », de « service public pour les usagers » et de « développement ». On repense à Eric Pétetin (qui a lui-même déposé une observation favorable) quand Jean-Michel Tardan, représentant de la DUT et de la FNAUT dit qu’il faut « sauver la vallée. Veut-on en faire une réserve d’indiens ? Cette décision du Conseil Régional est une chance extraordinaire pour elle et pour les usagers du service public ».

« Romantisme »

« Vous ne passerez jamais de marchandises sur cette ligne », le titille un membre du Croc, « vous ne voulez pas dépenser autant pour 3 passagers ? » « Bien sûr que si, la ligne est prévue pour le fret, et il en sera de même jusqu’à Canfranc. Et ce n’est pas dépenser, mais investir… » « Vous êtes dans le romantisme », s’agace Bernard Bonnave, du Croc. « Je comprends que vous êtes installés prés de la voie » lui rétorque Jean-Michel Tardan...

Le courant ne passera pas entre eux. Mais un jour, il alimentera le train, « les caténaires seront prévus à cet effet », assure un enquêteur en réponse à ceux qui se désolent que le train roulera d’abord au diesel.

Au rang des idées reçues, on apprend aussi que le train ne remplacera pas le bus, qui devrait être maintenu en vallée d’Aspe. Et qu’aucun camion ne montera dessus, mais que les marchandises transportées le seront en vrac, comme le maïs béarnais qui va à Canfranc en camion pour être transvasé en silo puis chargé sur un train.

(1) Comité pour la réouverture de la ligne Oloron-Canfranc, Contre la Réouverture Oloron Canfranc, Défense des Usagers des Transports, Fédération Nationale des Associations des Usagers des Transports.

(2) en réalité, une cinquantaine/jour, NDLR.

© Sud Ouest - Le 07/05/2013 ©




La DUT a participé à l’enquête publique à la Mairie d’Oloron sur le trajet de la ligne SNCF Oloron–Bedous et a déposé auprès des représentants légaux son analyse de la ligne.
Nous avons croisé des membres CRELOC ainsi que les membres de CROC associations qui militent contre la ligne Oloron-Bedous.
Le Président de la DUT a eu des échanges assez vifs avec les membres et leur a expliqué les enjeux de la ligne."