Par : webmestre
Publié : 2 septembre

TRANSPORTS URBAINS DE L’AGGLOMERATION PALOISE : PARKINGS/RELAIS

Depuis le 01/07/2021, 3 parkings/relais sont officiellement en service (Source : site Idélis)

• Cliniques (150 places dont 12 réservées aux PMR)
• Catherine de Bourbon (320 places dont 9 réservées aux PMR)
• Stades du Hameau (150 places dont 9 réservées aux PMR)

Gratuits jusqu’au 01/07, ces parkings étaient peu fréquentés. Libres à l’entrée, ils l’étaient aussi à la sortie, sans besoin de justificatif. On peut comprendre qu’ils aient été occupés jusque là par effet d’aubaine dont ont profité certains riverains du quartier, sans rapport aucun avec le transport urbain. Toujours gratuits aujourd’hui, mais sur présentation d’un titre de transport ayant été validé dans un bus durant les 24h précédant la sortie, la fréquentation a encore baissé.

La lecture de la presse locale (« La République » du 02/07/21 : « Déjà déserts, les parkings-relais deviennent payants… ») et les débats relatés par le site de l’association « Alternatives Pyrénées » (19/07/21 et suivants), insistent sur l’ECHEC et la gabegie du système. A les lire, si tout avait été bien calculé, il suffisait d’un claquement de doigt pour que les parkings se remplissent comme par enchantement !

Pourquoi tant de précipitation à dénigrer une initiative inédite à Pau et pourtant si commune dans bien d’autres agglomérations ?
La rumeur court : faible usage (5 à 8 voitures/jour), coûts d’implantation (prix du foncier…) et de maintenance exorbitants. Certains parlent déjà de faire rendre gorge aux élus pour un tel fiasco ! Et d’imaginer quel projet immobilier on pourrait construire en lieu et place…

La promotion de l’inter-modalité-il s’agit bien de ça- demande un changement d’habitude et, osons le dire, une désintoxication du « tout voiture, partout, tout le temps » ! Inter-modalité : qu’es aco ?
Pour comprendre, une période d’adaptation plus ou moins longue est donc nécessaire : le temps de la pédagogie.
 

Il faut savoir raison garder. Et voir la réalité en face.
Le Covid a chamboulé l’activité économique et sociale : baisse drastique de fréquentation dans les transports collectifs, report modal… vers la marche, le vélo et hélas ! la voiture… La sécurité sanitaire n’est pas mieux assurée en voiture que dans un bus respectant scrupuleusement les gestes barrières.
Tirer un bilan négatif et… définitif à ce stade, c’est être d’une mauvaise foi totale.
Comment relancer l’envie et l’opportunité d’utiliser ces équipements nécessaires à la lutte contre les GES (gaz à effet de serre) émis en masse par les voitures à énergie carbonée ?

∆- Dénoncer les fake-news colportées par les médias locaux, les internautes complotistes, etc… Exemple : instiller le doute sur la gratuité des parkings en affirmant qu’ils seront payants dès le mois de juillet… alors que rien ne changera si l’on présente un titre de transport validé pour sortir ! Propager l’ambiguïté est volontairement contre-productif et… malhonnête (République 02/07).

∆- Le succès d’un parc relais dépend de plusieurs facteurs. La facilité d’accès au centre-ville en échappant à la congestion automobile et les coûts de stationnement qu’on y retrouve en sont les principaux.
Or à Pau, pas de congestion automobile. Même aux heures de pointe, avec un peu de patience, tout s’arrange… Donc, peu de contraintes pèsent sur la circulation automobile. Et vlan ! la circulation générale englue Fébus dans les ralentissements de l’axe Daran, J. Monnet, Alliés !
Pourquoi se passer alors de sa voiture pour aller au Lycée ou boire un coup à l’Aragon ?

Quant aux coûts du stationnement (surface -rues, Verdun- sous-terrain), ils sont loin d’être dissuasifs par comparaison au prix du ticket de bus (pourtant très raisonnable dans l’agglo paloise).
Exemple : Verdun payant (Bravo !) mais à 1 euro par demi-journée, trop peu… Remarquons que même à 2€, la place sera toujours aussi saturée !

∆- Politique globale de déplacement : recherchons COHERENCE !

Favoriser les transports en commun malgré un Covid qui peine à disparaitre et une menace qui s’affirme à travers le réchauffement climatique est une absolue nécessité.
Une évidence : trop de voitures (SUV notamment et fourgons de livraison) circulent en ville.
Que voit-on ? Que prévoit-on ?
Les parkings souterrains -situés en centre-ville-, véritables aspirateurs à voitures, devraient être réservés exclusivement aux résidents. Exemple navrant : Clémenceau ouvert à tous vents…
Nous constatons positivement les aménagements des aires de stationnement : gare SNCF et alentours, place de la Monnaie, route de Tarbes (reconfiguration de l’entrée Est).
Suggestion : la rue de Navarre entre l’avenue EdourdVII et l’avenue du Béarn sert de parking gratuit aux étudiants de Saint-Cricq… A un degré moindre : la rue Devéria. Comment faciliter le report modal vers le bus pour ces jeunes automobilistes ?
Le stationnement est de plus en plus tendu dans ce secteur appelé à évoluer. Une solution : rendre le stationnement payant dans cette rue et le réserver aux riverains et visiteurs des nombreux nouveaux habitants du secteur.

Par contre, le parking- silo (400 places) prévu à l’université de PAU déjà envahie de voitures nous parait un non-sens. L’artificialisation du secteur de l’ancien skate-park au profit d’un projet immobilier est également très discutable… Cela signifie : toujours plus de voitures !
Il se dit que le nombre de parkings entourant l’université de Pau est équivalent à celui de…Nantes ! Qu’en penser ? Pau : 13 000 étudiants - Nantes : 62 000 étudiants. Les priorités ne sont évidemment pas identiques.
L’avenue Poplawski à Pau et le boulevard Michelet à Nantes qui jouxtent les bâtiments universitaires ne sont pas comparables en dimension et fréquentation.
Nantes (326 000 habitants en 2021) a fait le choix des transports collectifs ; bien irrigués par les lignes de tramway et BHNS, les établissements universitaires n’ont pas besoin de parkings surdimensionnés ! Alain Chenard, maire dans les années 1977-1983, a fait des choix courageux qui lui ont valu, d’ailleurs, une défaite à l’élection suivante… mais placé sa ville dans les plus efficaces aujourd’hui en matière de déplacements de qualité, doux et écologiques.
Pau (75 300 habitants en 2021), ville « à la campagne », toujours aussi « paysanne » dans son état d’esprit a très peu misé sur les transports collectifs jusqu’en 2010. 20 ans de retard ne se rattrapent pas si facilement… L’invasion automobile a lieu mais n’est pas inéluctable ; il faut réagir au plus vite.
Une lueur d’espoir malgré tout : l’explosion de l’usage du vélo. Nous encourageons ici l’implantation de vélos-cargos de livraison en centre-ville. Excellente initiative que nous souhaitons voir amplifiée et couronnée de succès.

Autre constat déconcertant pour nous :
Pour la plupart d’entre eux, commerces, entreprises et administrations de centre ville estiment une place de stationnement pour la voiture de leur salarié comme acquis social. Une aberration ahurissante dans le contexte d’aujourd’hui.

La politique mi-chèvre, mi-choux, les limites du « en même temps » vont devoir passer à plus de radicalité en faveur des moyens collectifs de déplacement. C’est une évidence ; on peut y arriver avec courage et volonté en le décidant sans contrainte extrême. Laisser le temps au temps pour trancher le dos au mur en raison de décisions nationales ou internationales dues à l’urgence climatique n’est pas la bonne décision.
Tandis que la voiture reste largement privilégiée par les infrastructures conçues pour elle, le bus marque un ralentissement dans l’évolution de l’offre prévue dès 2008-2010.
Preuve : les fréquences à 10’ des lignes Temporis ont été revues de façon à réduire les kilomètres productifs. Les cadencements homogènes, simples à comprendre et mémoriser, adaptés à toutes les lignes ont été abandonnés. Aujourd’hui, mêlant heures creuses, heures de pointe, périodes …, le viatique de voyage, papier ou électronique, est indispensable pour se repérer dans le dédale des horaires. Simplicité d’utilisation= fréquentation en hausse ; aujourd’hui, c’est tout le contraire.

Exemple  : ligne F – Gare de Pau. Correspondance TGV → Fébus

•TGV venant de Paris : arrivée à 22h09 (LàV) et entre 22h10 et 22h12 (SD).
•Fébus : départ vers centre-ville et Hôpital

Période orange : LàV - 22h27
Période bleue : LàV – 22h40
Période grise : Samedis – 22h19
Période verte : Dimanches et Jours fériés – 22h28

Il est de bon ton de fustiger la SNCF pour son manque de ponctualité ; un incident de circulation est toujours possible mais plutôt rare. Cet horaire de train de soirée est en vigueur depuis la mise en service de la ligne à grande vitesse entre Bordeaux et Paris (02/07/2017), il y a 4 ans.
L’argument disant que la SNCF change trop souvent d’horaires pour pouvoir coordonner les correspondances entre Fébus et le TGV ne tient pas.
Visiblement, la dispersion des horaires de Fébus entre les 4 périodes prouve que les heures de départ ont été étudiées sans tenir compte de l’arrivée de ce dernier train en gare de Pau.
A cette heure là, n’est-il pas possible d’être attentif aux usagers de la Gare et favoriser l’échange modal ? De chercher un temps d’attente correct et possiblement unique entre le train et Fébus ?
Aujourd’hui, le temps de correspondance varie de 7’ (S) à 18’ - 19’ (LàV – D et JF)) et 31’ (LàV bleue).
Ces temps sont trop disparates pour inciter les voyageurs à prendre Fébus.
10’ de correspondance sont supportables. En deçà et au-delà de ce temps, agacement…
L’exemple suivant peut paraitre sans rapport avec l’utilisation des parkings-relais. Pas du tout… Je vais à Bordeaux par le TER ; je gare ma Zoé à Catherine de Bourbon. Je prends Fébus pour la gare. Je reviens de Bordeaux par le TGV de 22h09. Je reprends Fébus et retrouve ma voiture électrique rechargée : tout ça pour le prix de 2€.
A condition, à 22h10, de ne pas « poirauter » 20’ à la gare, car sinon, j’utilise ma voiture.
Le réseau de transport collectif (y compris l’interurbain) doit créer l’envie chez le client potentiel, l’envie d’innover, de « décarboner » ses déplacements, de jouer le jeu de l’inter-modalité… Si le réseau n’est conçu que pour les captifs, par manque de souffle, de vision dynamique et de moyens à hauteur de la situation, les parkings-relais (il s’agit d’eux ici…) seront vides, inutiles et « à vendre ».

∆- Proposer une qualité de service irréprochable. La fréquence et la régularité sont déterminantes, l’automobiliste étant d’autant plus enclin à laisser sa voiture qu’il pense pouvoir gagner du temps en le faisant. C’est pourquoi le parc-relais Catherine de Bourbon est implanté à proximité d’un transport rapide comme Fébus qui ne fait que peu d’arrêts avant la destination finale. Le temps de parcours jusqu’au centre-ville et la présence de plusieurs lignes à proximité immédiate (tronc commun) est un facteur déterminant.

Quel pied (bien calé dans son siège en cuir) quand Fébus double, grâce à son couloir réservé, les « auto-solistes » dans leur petite cracheuse de GES ! C’est jouissif quelque part…
Cependant, à la création du BHNS, le parcours Gare-Hôpital a été « vendu » pour 17’. A ce jour, il semble n’être réalisable qu’en 20’, soit 17% de temps en plus !
Pour corser le tout, dernièrement, la régularité semblait mise à mal par des dysfonctionnements ponctuels concernant le cadencement des feux aux carrefours.

• Août : semaine 33. Axe Alsace-Lorraine→Bld de la Paix. Onde rouge systématique pour Fébus…
• Autre exemple : arrêt Condorcet-Université →Gare : prise en charge de la clientèle apparemment trop longue. Le feu vert destiné à Fébus passe au rouge ! Longue attente pour déclencher le feu vert qui jamais ne viendra… Le conducteur enclenche la marche arrière avec l’intention vraisemblable de signifier au système qu’il est bien présent… et qu’il voudrait franchir le carrefour ! Toujours rien… Le conducteur a été obligé de passer au rouge… avec prudence certes et 5 bonnes minutes de sur-place.

Autre source d’anomalie : le tempo irrégulier de conduite selon les conducteurs.

∆- INFORMER – INFORMER … JALONNER – JALONNER

Comme déjà dit, lâcher sa voiture pour le bus ne va pas de soi. Attendre que les parkings-relais tant réclamés par certains… (Qui attendent que ce soit les autres qui les utilisent)… soient pris d’assaut, comme par magie, ça n’existe pas !
Un travail d’information conséquent doit être organisé. Cible : les automobilistes des communes du Nord – Nord Est de PAU qui travaillent ou font leurs courses en centre-ville. Administrations, commerces, entreprises doivent être irrigués d’information (dépliants, tickets de bus gratuits disponibles pour un essai, création d’un challenge-fidélité, etc…).
Presse locale : encarts de pub. Audiovisuel : sur la 3, remplacer la pub météo « Matocq » par PBPM !
Relance du plan de déplacement-administrations et entreprises…
Réflexion avant contrainte : prendre des initiatives pour lutter contre l’auto-solisme ; limiter sans interdire la circulation de gros pollueurs.
Posons le principe d’un bon fonctionnement : un parc relais sera d’autant plus fréquenté qu’il se situe à la jonction d’une sortie d’autoroute et d’une ligne de TCSP. Le jalonnement (autoroutier et routier) doit être irréprochable s’il veut capter la clientèle occasionnelle (touristes notamment).
Le jalonnement est essentiel pour tenter de remplir les parking-relais. Nous souhaitons qu’une étude soit faite sur les besoins en panneaux de signalisation spécifiques, peu connus des automobilistes locaux… Où commencer le jalonnement ? Catherine de Bourbon : Route de Bordeaux (Rond-point de l’aéroport) vers la rocade du Zénith et la pénétrante Condorcet… Une dizaine de panneaux semble nécessaire… Autre exemple : Stades du Hameau. Parking pas évident à trouver, hors axe de grosse circulation. Route de Tarbes et route de Morlaas : ronds-points de la rocade de contournement avec suivi redoublé au plus près du parking. Dans une ville moyenne comme Pau, le départ est certes laborieux mais plein de promesses !
Biarritz l’a expérimenté cet été. Journal « Sud-Ouest » du 05/08/21. « Les parkings relais estivaux peuvent encore faire mieux ». Si Biarritz est en bonne voie… tout espoir n’est pas perdu pour Pau !

DUT/Aquitaine - Grand Pau - 02/09/2021