Par : webmestre
Publié : 27 avril

Comment assurer une reprise efficace et sécurisée des transports en commun sur l’agglomération paloise

  La crise sanitaire sans précédent que traverse notre pays impacte directement les personnes et les entreprises. Contenir la propagation du Covid-19 par le confinement chez soi entraîne inévitablement un changement important dans les besoins de déplacement de tout un chacun. Par contrecoup, le transporteur IDELIS se trouve confronté à une baisse sévère de la fréquentation et obligé de réduire son offre tout en maintenant un service minimum.L’Association de Défense des Usagers des Transports Aquitaine Grand Pau apprécie le maintien en circulation des principales lignes et la mise en Transport à la Demande des autres. La gestion des agents de conduite n’est sûrement pas simple en ce moment. C’est pourquoi nous applaudissons aussi les conducteurs qui travaillent dans ces circonstances exceptionnelles.

  La sortie de crise semble se profiler à l’horizon du 11 mai, voire plus tard. Concernant les transports en commun, les conditions de reprise du trafic, qui imposeront une discipline individuelle et collective, sont en cours d’élaboration. Avec la Fédération Nationale des Associations des Usagers des Transports, qui a émis de nombreuses idées à ce sujet, nous aimerions vous faire partager notre point de vue.

Une priorité : assurer la sécurité sanitaire
  Les voyageurs doivent être rassurés et pouvoir réutiliser les transports urbains sans crainte d’une contamination, ce qui suppose :

  • Une régulation des accès pour faire respecter la distanciation physique,
  • des distributeurs de gel hydroalcoolique,
  • une désinfection très fréquente des véhicules.
  • le port obligatoire d’un masque est nécessaire,
  • l’isolement total du conducteur (pour sa santé).

  Les usagers des bus Idélis étant souvent captifs du transport public, pour éviter leur entassement aux heures de pointe notamment, nous souhaitons que les fréquences retrouvent rapidement leur rythme et même soient améliorées par l’injection de bus articulés permettant une meilleure distanciation physique.

  Quant à la limitation autoritaire du nombre de voyageurs par bus, nous n’y sommes pas favorables. Nous préférons favoriser le sens de la responsabilité individuelle des voyageurs. Certains proposent de cantonner l’accès des séniors aux heures creuses seulement. Même sous forme de recommandation, cette initiative serait à manier avec précaution.
  Pour faciliter la reprise, il nous paraît souhaitable que soit publié un guide spécifique des bonnes pratiques d’utilisation du bus pendant le déconfinement. Nous pensons que l’important est de rassurer les usagers.


  Les autorités organisatrices de la mobilité (AOM) sont aujourd’hui affaiblies financièrement par la baisse des recettes. De plus, une diminution significative du Versement Mobilité des entreprises est à craindre. Paradoxalement, certains proposent la gratuité afin de récupérer les voyageurs tentés de réutiliser leur voiture. Nous préférons une tarification adaptée et solidaire ; priver le transport public de ressources financières n’est pas d’actualité.


  La crise que nous vivons laissera des traces à court et moyen terme. La dynamique vers la multimodalité et l’intermodalité va se trouver ralentie. Le covoiturage est lui-même menacé. Seul « l’autosolisme », cette pathologie des temps modernes…, semblera pour beaucoup une réponse sanitaire efficace au Covid-19… Quel paradoxe !
Un retour massif à la voiture serait catastrophique pour la sécurité routière, l’économie, la dépense publique, la santé et le cadre de vie. Il entraverait la lutte urgente contre le réchauffement climatique.

  Malgré les difficultés financières, nous souhaitons que les AOM maintiennent le cap :

  • développement du vélo,
  • aménagements favorables aux modes de déplacements doux,
  • achat de véhicules 0 émission…

Le Président de la DUT,

Bertrand BOUSSEAU